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Edito – INFOLIGUE 59 Spéciale Confinement #02/ Mars 2020

TROISIÈME SEMAINE, ET L’ÉCOLE DANS TOUT ÇA ?

Alors qu’en France s’ouvre une troisième semaine de confinement, que le 1er Ministre a annoncé vendredi dernier son prolongement pour deux nouvelles semaines avec une incertitude temporelle sur un sortie de crise, que l’épidémie de COVID 19 semble toucher massivement tous les continents et tous les pays, la France apprend à vivre dans ce contexte social et sociétal inédit.

Militants et acteurs d’associations d’éducation populaire, complémentaire de l’enseignement public, résolument engagée au service d’une République sociale, laïque et solidaire, la Ligue de l’enseignement milite pour accompagner la mobilisation de tous les acteurs dans la perspective d’une véritable Refondation de l’École publique et de l’ensemble des politiques éducatives. Immanquablement, cette crise sanitaire met en grande tension l’école et nous confronte à des questions fondamentales.

Pas d’ordinateur à la maison, ou trop peu pour le nombre d’enfants de la famille. Une connexion Internet vacillante, des difficultés à accéder aux espaces numériques de travail (ENT) ou à comprendre les consignes écrites des professeurs ou tout simplement un manque de motivation. Voilà toutes les raisons qui expliquent le fait que certains élèves ne travaillent pas ou peu depuis le confinement. Une inquiétude dont se sont faits le relais de nombreux syndicats d’enseignants ainsi que des fédérations de parents d’élèves, qui craignent l’accroissement des inégalités scolaires pendant cette période d’école à la maison.

Dans les jours prochains, notre Fédération diffusera un appel aux Maires et élus locaux du département, pour qu’ils mettent à disposition aux enfants démunis du matériel nécessaire au bon suivi de leur cursus, en lien avec le CEDRE.

Pourtant le coronavirus n’a pas créé les inégalités scolaires et sociales. Il les révèle. Cette crise sanitaire, que personne n’a su ou pu anticiper, montre bien que l’école à la française est d’abord faite pour les enfants qui vont bien.

D’ailleurs à quoi sert l’école si on peut la faire à distance ? C’est la question que l’on peut se poser à entendre le ministre de l’Éducation tenir la ligne de la « continuité pédagogique », expliquer que toutes les familles seront appelées par téléphone une fois par semaine et que les écarts scolaires créés par la situation seront comblés par des modules de soutien cet été.

Dans les faits, les quelque 850.000 enseignants de France se sont adaptés, chacun à leur manière. Nous saluons toutes leurs initiatives. Les solutions qui s’inventent vont faire école. Alors, il faudra réussir à passer de l’initiative individuelle à quelque chose qui puisse faire système. L’État sera-t-il au rendez-vous ?

L’UNESCO indique que « la fermeture, même temporaire, des établissements scolaires entraîne des coûts sociaux et économiques élevés. Les perturbations qu’elle induit affectent toutes les communautés, mais les conséquences sont particulièrement graves pour les enfants défavorisés et leurs familles. »

Les raisons qui expliquent en quoi la fermeture des établissements scolaires est préjudiciable sont nombreuses :  interruption de l’apprentissage, alimentation (de nombreux enfants et jeunes comptent sur les repas fournis gratuitement ou à moindre coût à l’école pour se nourrir et avoir une alimentation saine, par conséquent, la fermeture des établissements scolaires a une incidence sur l’alimentation), manque de préparation des parents à l’enseignement à distance et à domicile, inégalité d’accès aux portails d’apprentissage numérique, lacunes en matière de garde d’enfants, coûts économiques élevés (lorsque les écoles sont fermées, les parents qui travaillent sont plus susceptibles de s’absenter pour garder leurs enfants, ce qui entraîne souvent des pertes de salaire et nuit à la productivité), incidence mécanique sur le système de santé, pression accrue sur les établissements scolaires qui restent ouverts, tendance à l’augmentation des taux de décrochage scolaire.

Vous découvrirez, dans cette seconde newsletter spéciale, un ensemble de ressources composés d’articles et ressources pédagogiques sélectionnés pour accompagne les membres de notre réseau et nos partenaires dans ce contexte particulier.

Dans cette période extraordinaire qui s’est ouverte le 17 Mars 2020 avec l’annonce de la restriction des libertés de déplacement des citoyens, appelée « période de confinement », les enfants et les jeunes ont été confrontés à une myriade d’images, d’informations et discours bien souvent anxiogènes. Nous partageons ici quelques pistes et outils, premiers éléments collectés, pour les parents et les acteurs éducatifs encore en activité, afin de discuter avec les enfants et les jeunes du COVID-19 et de ses conséquences. Chaque semaine, nous enrichirons ces contenus.

 

 

Bruno VERBEKEN
Président de la Fédération du Nord

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